Pour les puristes, un magnétiseur porte en lui tous les « outils » nécessaires à sa pratique. Si cette réalité s’applique dans la majorité des cas, il s’avère toutefois utile et parfois nécessaire, de faire appel à des supports complémentaires comme l’eau, le coton ou encore la radiesthésie. Ces derniers agissent comme des intermédiaires permettant de prolonger l’action du magnétisme ou d’affiner la perception du praticien.
Ces outils peuvent enrichir la pratique à condition de ne jamais trahir le sens premier du magnétisme : un art neutre, sans dogme, sans entités ou formules magiques, qui tire précisément sa force de cette neutralité. Dans le paysage du bien-être contemporain, on retrouve souvent ses fondamentaux habillés de noms plus modernes ou new-age, il convient de rester vigilant et de préserver l’essence de cet art.
➝ Les quatre outils fondamentaux
➝ Les mains
➝ Le souffle
➝ Le regard
➝ Le coeur
➝ Le sommeil magnétique
➝ Les intermédiaires
➝ Les outils de questionnement
➝ Les ajouts ou compléments
➝ En résumé
➝ Questions fréquentes
Les quatre outils fondamentaux
Le magnétiseur dispose de quatre outils de base qui constituent la pierre angulaire de sa pratique : les mains, le souffle, le regard et le cœur. Bien plus que de simples zones physiologiques, ce sont quatre expressions de son art qui prennent la forme la plus adaptée selon les besoins du consultant. Il pourra ainsi écouter, lire et façonner son action afin de relancer les fonctions naturelles et vitales pour le magnétisé.
- Les mains : outils de perception et d’action.
- Le souffle : vecteur de l’énergie vitale.
- Le regard : canal d’intention et de connexion avec le magnétisé.
- Le cœur : siège de la compassion et de l’éthique du magnétiseur.
Les mains
Les mains occupent une place emblématique dans l’art du magnétisme. Le rôle symbolique qu’elles incarnent (accueil et don, réception et émission) leur confère une importance capitale. Le magnétiseur les considère comme le prolongement direct de son cœur, capables de ressentir les déséquilibres subtils (scan énergétique) et d’agir par une méthodologie spécifique.
Polarité des mains : main droite (positive) : transmet l’énergie curative, dynamise, tonifie et stimule. Main gauche (négative) : réceptionne les informations subtiles, apaise, draine et absorbe.
Les principales techniques gestuelles :
- Les impositions : poser les mains sur ou au-dessus du corps.
- Les passes magnétiques : mouvements à quelques centimètres du corps pour déplacer, harmoniser ou dégager les flux énergétiques.
- Les effleurages : glissements légers avec les doigts pour calmer et retrouver de la mobilité.
- Les frictions : pressions avec la paume des mains pour stimuler et revitaliser.
L’étude de la gestuelle des mains en magnétisme est indispensable pour effectuer un travail de qualité et développer une saine compréhension de l’action à déployer. Si le geste du magnétiseur est précis, le résultat sera excellent pour le consultant. Il ne s’agit pas seulement de déplacer ses mains en voulant simplement reproduire un mouvement (comme une méthode ou une technique) ou un effet (soulagement, stimulation…), mais plutôt de développer un savoir-faire amenant à comprendre le sens du geste et de la portée qu’il va générer.
Le souffle
De tout temps et dans les grandes traditions du monde, le souffle occupe une place fondamentale. Les anciens considéraient l’air respiré comme le véhicule d’une énergie vitale universelle, nommée différemment selon les cultures : Ki (Japon), Chi/Qi (Chine), Ka (Égypte), Loung (Tibet), Prana (Inde), Mana (Polynésie), Rouah (Hébreux), Pneuma (Grèce antique).
Dans la pratique du magnétisme, on sait à quel point le souffle est un allié de choix pour les séances. Il pourra être de nature froide lorsqu’il s’agit de calmer et de dégager, où chaud pour stimuler et exciter.
Une respiration correcte est indispensable pour le magnétiseur : elle maintient et accroît son potentiel énergétique, lui permet de récupérer après une séance et de diriger intentionnellement son souffle sur les zones à traiter. C’est également le garant d’une stabilité intérieure permettant de ne pas être perturbé par des sensations désagréables lors d’une séance. Si cela vous arrive, plutôt que d’envisager une attaque d’entités ou d’énergies perverses, vérifiez votre respiration !
- Est-ce que vous vous respirez avec fluidité et amplitude ?
- Votre souffle est-il bloqué au niveau de la poitrine où parvenez-vous à le descendre jusqu’au ventre ?
Le regard
Le regard est considéré comme un organe ayant une double fonction. La première est de capter et recevoir les informations, et la seconde d’exprimer et projeter celle-ci. Les yeux sont souvent évoqués comme une porte ou un miroir permettant à l’âme de s’exprimer au travers des sentiments et sensations que nous souhaitons partager.
Le regard magnétique est la forme la plus subtile de projection du magnétiseur vers le magnétisé. C’est pour cette raison qu’il exige une grande maitrise de soi afin de transmettre une action bienfaisante et compatissante sans évoquer de sentiment de fascination ou d’intrusion pour le consultant. Le regard du magnétiseur doit être doux, fixe, méditatif et bienveillant pour envoyer une énergie bienfaitrice.
En magnétisme, le regard sera utilisé pour :
- Renforcer l’action des mains sur une zone à travailler.
- Fluidifier l’énergie dans certaines parties du corps en visualisant des rayons lumineux sortir des yeux et irradier la zone concernée.
- Travailler sur un endroit du corps qui ne peut pas être touché.
- Transmettre une information par la visualisation d’une couleur, d’un organe sain, d’une zone du corps apaisée.
Le coeur
Le cœur, quant à lui, est le fondement éthique de la pratique du magnétiseur. Sans intention juste et désintéressée, la gestuelle la plus précise reste vide de substance. Les mains étant le prolongement du cœur du praticien, il est indispensable que celui-ci reflète la nature de son engagement, la clarté de son intention et la qualité de sa présence.
La possession d’outils, aussi nombreux soient-ils, ne fait pas le magnétiseur. Si la déontologie définie l’ensemble des règles de sa profession, l’éthique quant à elle correspond à son code de conduite, à une réflexion personnelle sur les comportements à adopter et l’attitude à privilégier pour rendre sa pratique la plus humaine et cohérente possible avec ses différents domaines de vie. C’est avant tout l’éthique qui fonde la légitimité du praticien.
Le sommeil magnétique
Le sommeil magnétique ou plus précisément l’endormissement magnétique, ne doit pas être confondu avec l’hypnose, la sophrologie ou la transe. Si en effet, il peut s’en rapprocher notamment dans l’application du sophromagnétisme de Charly Samson ou de l’état hypnagogique, enseigné par Jean Angius, la façon de procéder à l’état d’entre deux est différent.
Son objectif est de permettre au magnétisé d’éveiller sa sensibilité et d’aiguiser ses sens afin que le magnétiseur puisse l’aider à régulariser son mode de vie par des suggestions bienveillantes et bienfaisantes. Pour cela, le magnétiseur emploi les passes magnétiques, le regard et la suggestion mentale qui sera dirigée vers le résultat à obtenir : calme et détente, réduction du stress et de la nervosité, dégagements des peurs et addictions…
Habituellement, la pratique du sommeil magnétique est effectuée au cours de la magnétisation classique ou à la fin de la séance. Il est important de rappeler que durant toute cette phase, le consultant conserve à tout moment sa conscience et son discernement.
Les intermédiaires
Il s’agit de supports matériels permettant de prolonger l’action bénéfique de la séance, notamment entre deux rendez-vous ou pour les personnes se trouvant dans l’impossibilité de se déplacer.
Leur magnétisation se fera en tenant compte de la polarité du corps concernée ainsi que de la nature du problème, pour savoir s’il faut calmer ou stimuler. Le magnétiseur pourra alors effectuer une imposition isonome (magnétisation positive) ou hétéronome (magnétisation négative) ou régulatrice (impositions des deux mains). Les passes magnétiques peuvent être employées en remplacement ou en complément des impositions pour charger l’objet en question.
Selon l’objectif recherché, les intermédiaires pourront être utilisés en interne (l’eau) ou en externe (le coton). Habituellement, ils se conservent dans la soie ou dans un tissu synthétique et à l’abri de la lumière pour éviter les déperditions d’énergie.
Les intermédiaires de la magnétisation :
- Les liquides : huile, eau, crème, En usage interne ou externe selon l’objectif.
- Les textiles : coton, vêtements, oreillers, linge de lit, doudou – pour un effet prolongé au quotidien.
- Les métaux : aimants, médailles, pendentif, – fer, cuivre, argent, or selon la polarité recherchée
- Le bois et le papier : matières vivantes, bons réceptables énergétiques.
- Les poils de chat : un parfait agent de magnétisation qui peut aisément remplacer le coton, à condition de ne pas être allergique.
- Les bougies (de préférence en cire d’abeille).
- …
Les outils de questionnement
Ces instruments qualifiés de bio-sensibles agissent comme des extensions de la sensibilité du magnétiseur. Ils n’ont pas vocation à remplacer le ressenti, ils l’amplifient et le précisent. Leur usage requiert du sérieux et un entrainement régulier pour éviter les biais d’interprétations reposant sur les projections personnelles (croyances) du praticien.
- Lependule.
- Antenne de Lecher.
- Baguettes coudées ou baguettes en L.
- Leclair ressenti.
- La maintémoin.
- Letesting
- …
Pour rappel, le pendule et les baguettes/antenne ne « savent » rien par eux-mêmes : il traduit la sensibilité inconsciente du praticien. Son efficacité est donc directement liée à la qualité de présence et de neutralité de celui qui l’utilise.
Les ajouts ou complément
Les ajouts désignent les éléments que certains praticiens intègrent à leur pratique en dehors des quatre piliers fondamentaux. Leur utilisation soulève une question centrale : s’agit-il d’une authentique extension de la pratique, ou d’un besoin de combler un vide par des éléments extérieurs ?
Trois critères de discernement :
- Cohérence : l’ajout s’inscrit-il dans la philosophie du magnétisme ?
- Efficacité : améliore-t-il réellement les résultats pour le consultant ?
- Intégrité : préserve-t-il neutralité et les valeurs du praticien ?
Les ajouts les plus fréquemment rencontrés :
- Chakras et aura : grilles de lecture énergétiques issues des traditions orientales et fortement influencé par le courant de la théosophie en occident.
- Lithothérapie : minéraux et cristaux utilisés pour leurs propriétés vibratoires spécifiques.
- Reboutement : complément manuel issus des traditions thérapeutiques populaires de nos campagnes.
- Prières de guérisseurs : formules transmises dans certaines lignées.
- Chirurgie psycho-énergétique : visualisation créatrice d’outils subtils (multi-drain, éponge de lumière, tamis, aiguilles…) à partir de l’énergie environnante pour agir sur le corps physique, le corps énergétique et le corps mental.
- …
Ainsi, un magnétiseur souhaitant travailler sur des douleurs pourra débuter la séance avec des passes d’extractions pour évacuer les toxines musculaires et les énergies nerveuses douloureuses de la zone, avant d’effectuer la même procédure au niveau des points de Knap ou Trigger associés. Une fois l’extraction effectuée de la zone et des points concernés, il pourra ajouter des techniques manuelles en travaillant par digipression la zone en question et les points concernés.
Il existe toutefois des praticiens souhaitant ajouter des éléments qui n’appartiennent pas directement à la sphère du magnétisme, et qui peuvent conduire à la mise en place de croyances et pensées anxiogènes plaçant le consultant dans une posture de fragilité mentale. À titre d’exemple, je peux citer les entités, les extraterrestres, les implants, la magie et l’envoutement.
Si certains concepts de nature folklotique ou mystiques peuvent être utilisés comme métaphore, il est primordial de s’assurer au préalable de l’impact que cela pourrait avoir sur la psyché du magnétisé.
En Résumé
La boîte à outils du magnétiseur est à l’image de son art : riche et diversifié, mais toujours au service d’un même objectif : permettre au corps, aux énergies et au mental de retrouver leur équilibre naturel.
Les quatre piliers fondamentaux (mains, souffle, regard, cœur), resteront toujours la colonne vertébrale de toute pratique authentique. Les supports matériels, les instruments de détection et les compléments viennent en enrichir les contours, à condition d’être utilisés avec discernement et dans le respect de l’essence du magnétisme.
Questions Fréquentes
Pourquoi conserver le titre de « magnétiseur », si j’utilise d’autres procédés en séance ?
Le titre de magnétiseur n’est pas une cage, mais une fondation importante dans mon parcours de thérapeute. C’est une profession bien connue chez nous, en France, qui partit du paysage de la santé et reste une référence dans l’inconscient collectif. Utiliser des méthodes complémentaires ne trahit pas ce titre : cela témoigne d’une pratique vivante en cohérence avec le cheminement personnel.
L’essentiel est bien entendu de ne pas travestir le sens du magnétisme en faisant croire que les procédés ajoutés appartiennent à ce paysage. La clarté est toujours indispensable et je m’efforce de le préciser lors des consultations pour éviter un amalgame.
J’ai donc choisi d’associer les deux titres, de Magnétiseur et Thérapeute pour faire le pont entre ma pratique de base (le magnétisme) et ma spécialisation en thérapies tibétaines (praticien Sowa Rigpa).
De plus, il est important de souligner que la pratique du magnétisme est synonyme d’impositions des mains. De ce fait, lorsqu’un praticien pose les mains sur une personne, peu importe la méthodes utilisées (Reiki, Jin Shin Jyutsu, Quantum Touch…), elles seront très souvent associées dans l’inconscient collectif en France, à la pratique du magnétisme.
Les impositions de mains sont également présentes dans d’autres méthodes (reiki, quantum touch, Jin Shin Jyutsu, Qi Gong médical…) est-ce la même chose ?
Même si l’objectif de toutes les méthodes utilisant le toucher est le même : restaurer l’équilibre, harmoniser les énergies et préserver la santé, la mise en application sera différente. Les postures de mains ainsi que les localisations sur le corps peuvent se ressembler, mais l’intention, le cadre philosophique et le processus interne du praticien diffèrent.
Dans le reiki, la transmission passe par des symboles et une initiation. Dans le quantum touch, c’est la respiration et la visualisation qui amplifient l’énergie. Dans le Jin Shin Jyutsu il n’y a aucune initiation ni symboles, il s’agit de posture de mains spécifiques sur des points d’énergies.
Sans oublier que certaines de ces méthodes vont d’avantages travailler sur la dimension spirituelle et vibratoire, tandis que d’autres se focaliseront sur l’aspect physique, considérant que les causes d’un déséquilibre se trouvent au niveau physiologique.
Ces pratiques peuvent se compléter, mais elles ne sont pas interchangeables.
Faut-il refuser les ajouts pour être considéré comme un « vrai » magnétiseur ?
Non ! Il convient plutôt de rester lucide sur la motivation qui préside à leur utilisation. Un ajout pertinent sert réellement le consultant et repose sur une compétence réelle. En revanche, s’il sert à compenser un manque de confiance ou à impressionner, il risque de diluer la qualité de l’intervention. La question n’est pas « ai-je le droit ? » mais « est-ce que cela sert vraiment ce consultant, maintenant ? ».
Pour ma part, même si je suis amené à spécialiser ma pratique, je clarifie toujours les outils utilisés en séance en expliquant à la personne ce qui sera effectué et si elle est d’accord.